Fiches Pratiques

Communiqué de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l'université de Liège concernant la Myopathie Atypique Equine :

Depuis l’apparition des premiers cas belges à l’automne 2000 [1], la Faculté de Médecine vétérinaire de Liège (FMV-ULg) travaille sur la problématique de la myopathie atypique. La caractérisation clinique, anatomopathologique et épidémiologique de la maladie a été les premiers axes de travail [1-3]. En 2004, la FMV-ULg a initié un réseau de surveillance de la myopathie atypique appelé AMAG (pour « Atypical Myopathy Alert Group », en anglais ; www.myopathieatypique.fr/en/) et géré par le Dr D. Votion. Ce réseau a pour objectif de mettre en relation les scientifiques travaillant sur cette maladie d’origine environnementale qui tue 75% des chevaux endéans les 72 heures ainsi que d’informer le secteur équin de l’émergence des cas afin que les propriétaires de chevaux prennent les mesures de prévention adaptées lors des séries cliniques qui se déclarent à l’automne et au printemps. Plus d’une quinzaine de pays européens collaborent aujourd’hui à ce réseau. Récemment, un groupe de recherche des Etats-Unis s’est associé au réseau et a bénéficié des sérums collectés sur les nombreux cas européens (plus de 1000 cas ont été recensés depuis l’automne 2006 par le réseau AMAG). En Belgique, les principaux partenaires sont la clinique équine de la Faculté de Médecine vétérinaire de Liège (FMV-ULg), le Centre de l’Oxygène, Recherche et Développement (ULg), le Centre Européen du Cheval de Mont-le-Soie (ULg), le Département de Morphologie et Pathologie (FMV-ULg), le laboratoire de biochimie génétique (ULg), le laboratoire de Chimie pharmaceutique (ULg) et la Faculté de Médecine vétérinaire de Gand. Sans nul doute, les praticiens vétérinaires sont la clé de voûte de ce réseau et c’est grâce à eux que de grandes avancées ont été possibles dans la prévention, la gestion et le traitement des cas [4-8].

A partir des données épidémiologiques collectées en Europe [5-6] et grâce à l’élucidation du mécanisme physiopathologique [9], à partir notamment d’échantillons collectés grâce au réseau, l’hypothèse d’une toxine d’origine environnementale altérant le métabolisme énergétique a pu être émise. Récemment, des scientifiques américains [10] (voir:
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... 0684.x/pdf) ont montré que la myopathie saisonnière qui affecte les chevaux au pâturage aux États-Unis (et qui présente de nombreuses similitude avec la myopathie atypique du cheval au pré rencontrée en Europe) est causée par une toxine (l’hypoglycine A) présente dans les graines de l’érable négundo (Acer negundo). Une fois ingérée, l’hypoglycine A est métabolisée en un composé toxique (i.e., le MCPA) qui perturbe le métabolisme énergétique conduisant aux désordres biochimiques observés à la fois dans la myopathie saisonnière qui affecte les chevaux aux États-Unis et dans la myopathie atypique.

L’hypoglycine A peut être contenue dans les graines de plusieurs arbres du genre Acer (i.e. « les érables ») et pourrait donc être aussi la cause de la myopathie atypique en Europe. Dans le passé, les recensements botaniques effectués sur les prairies des cas belges ont signalé systématiquement la présence d'Acer pseudoplatanus (Acer; Aceraceae) dans le voisinage des chevaux [11]. D’autre part, la contribution des arbres (en général) dans la pathogenèse de la maladie a été suggérée dans la dernière étude épidémiologique où ceux-ci étaient présents dans 98% des pâturages des 354 cas européens [5].

Concernant la cause de la myopathie atypique en Europe, des sérums de cas européens sont actuellement analysés en collaboration avec l'Université du Minnesota afin de mettre en évidence le métabolite toxique. Nous devrions savoir rapidement si la myopathie atypique est induite par la même toxine que celle identifiée aux États-Unis. D’ici là, il est recommandé de se référer aux outils diagnostiques, pronostiques et aux mesures préventives décrites dans les récentes études de cas européens [5-6].

Nous tenons à insister sur l'importance de continuer à recenser les cas de myopathie atypique via le réseau AMAG (
www.myopathieatypique.fr/en/). Ce système de surveillance, à l’échelle européenne, permet aux équipes scientifiques qui travaillent ensemble sur cette maladie de savoir où et quand se produisent les cas de sorte que les données de ces cas et les échantillons nécessaires à la recherche peuvent être collectés.
Jusqu'à présent (à la date du 25 Octobre), nous ne sommes pas face à une épidémie (quelques cas anecdotiques ont été rapportés), mais comme vous le savez cela peut changer dans les prochains jours ou semaines.
La recherche se poursuit car de nombreuses questions restent posées :
- Pourquoi la maladie est-elle émergente alors qu'elle serait due à une plante indigène?
- Les érables seraient-ils les seuls arbres à causer la maladie?
- Comment prévenir et traiter efficacement la maladie?
- ... Et bien d'autres.

Nous vous remercions d’avance pour votre aide dans les recherches en cours.


Références:

1. Delguste et al., 2002. Myopathies atypiques chez les chevaux au pré: une série de cas en Belgique. Annales de Médecine Vétérinaire 2002; 146:231-243.
2. Cassart et al., 2007. Morphological alterations in oxidative muscles and mitochondrial structure associated with Equine Atypical Myopathy. Equine Veterinary Journal; http://hdl.handle.net/2268/2377
3. Votion et al., 2003. Diagnostic différentiel en cas de présomption de myopathie atypique des équidés : illustration au travers de cas référés à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Liège au cours du printemps 2003. Annales de Médecine Vétérinaire. http://hdl.handle.net/2268/62318
4. Votion et al., 2009.
Atypical myopathy in grazing horses: A first exploratory data analysis. The Veterinary Journal. http://hdl.handle.net/2268/10009
5. van Galen et al., 2012a. European outbreaks of atypical myopathy in grazing equids (2006-2009) Part I: Spatiotemporal distribution, history and clinical features. Equine Veterinary Journal; DOI: 10.1111/j.2042-3306.2012.00556.x.
http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/115748
6. van Galen et al., 2012b. European outbreaks of atypical myopathy in grazing equids (2006-2009) Part II: Determination of indicators for risk and prognostic factors.
http://hdl.handle.net/2268/114433
7. van Galen & Votion, 2012a. Management of cases suffering from atypical myopathy:Interpretations of descriptive, epidemiological and pathophysiological findings. Part 1: First aid, cardiovascular, nutritional and digestive care.
http://hdl.handle.net/2268/128066
8. Van Galen & Votion 2012b. Management of cases suffering from atypical myopathy:Interpretations of descriptive, epidemiological and pathophysiological findings. Part 2: Muscular, urinary, respiratory and hepatic care, and inflammatory/infectious status.
http://hdl.handle.net/2268/128067
9. Westermann et al., 2008. Acquired multiple Acyl-CoA dehydrogenase deficiency in 10 horses with atypical myopathy. Neuromuscular Disorders.
http://hdl.handle.net/2268/4440
10. Valberg et al., 2012. Seasonal Pasture Myopathy/atypical myopathy in North America associated with ingestion of Hypoglycin A within seeds of the box elder tree. Equine Veterinary Journal;
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... 0684.x/pdf
11. Votion et al., 2007. History and clinical features of atypical myopathy in horses in Belgium (2000-2005).
Journal of veterinary internal Medicine. http://hdl.handle.net/2268/7594

Toutes les publications scientifiques relatives à la myopathie atypique des chercheurs de l'Université de Liège sont disponibles en ligne via le site institutionnel (http://orbi.ulg.ac.be/) ou directement via le lien http://orbi.ulg.ac.be/simple-search?que ... l+myopathy.

Contact:
Dominique Votion, PhD, DM"Groupe d'Alerte de la Myopathie Atypique; GAMA"
NOUVEAU N° POUR LES URGENCES MYOPATHIES ATYPIQUES: 0497/ 707 887
Enregistrez-vous pour recevoir les messages d’alerte sur : www.myopathieatypique.com
Aider la recherche: http://www.myopathieatypique.fr/dons/
Clinique équine de la Faculté de Médecine vétérinaire, Université de Liège
Bd de Colonster, 20 Bât B41
4000 Liège (Sart Tilman)
Tél: 00 32(0)4/366.41.03 (Liège)


Les ulcères gastriques chez le cheval adulte

Le terme d'ulcère se rapporte à la rupture ou à l'érosion de la muqueuse de l'estomac (la profondeur de l'érosion détermine le niveau de gravité). La présence d'ulcères gastriques est relativement commune, en particulier chez les poulains et les chevaux soumis à un entraînement intensif (des études ont montré que 90 % des pur-sang à l'entraînement en sont affectés).

 

  • Les signes cliniques de l'ulcère passent souvent inaperçus chez la plupart des chevaux. Ceux qui présentent des signes cliniques peuvent avoir des performances médiocres, des coliques ou une perte de poids. Ils sont souvent d'apparence chétive et peuvent présenter une légère diarrhée. De plus, chez les poulains, le bruxisme (= grincement de dents ; signe de douleur) et l'hypersalivation sont fréquents.
  • Quelles sont les causes de l'ulcère ? Tout d'abord, une alimentation intermittente, un régime riche en concentrés, une privation de nourriture et les genres d'aliments ingérés constituent autant de causes possibles d'ulcère. La gestion de l'alimentation jouant ici, une fois encore, un rôle prépondérant. Ensuite, un stress : maladie, entrainement... Enfin, il est important de rappeler qu'un traitement aux corticoïdes ou aux AINS peut également causer des ulcères gastriques.
Source : ENVA
 
  • Le traitement comprend une combinaison de changements au niveau gestion de l'alimentation, une thérapie médicale et une réduction du stress. La méthode amenant la guérison la plus rapide est la mise à l'herbe ainsi qu'une modification du régime alimentaire (si des concentrés sont ajoutés à la ration, ils devraient être donnés en plusieurs petits repas).

Remarque : il est important de noter que la bactérie Helicobacter pylori n'entre pas dans les causes d'ulcères gastriques chez le cheval, à la différence des ulcères gastriques de l'homme dont cette bactérie est responsable dans environ 70 % des cas !



L'allergie alimentaire chez le cheval : ça chatouille ou ça gratouille ?

Mieux connue chez le chien et le chat, l'allergie alimentaire existe aussi chez nos chevaux. Elle se traduit par un prurit (= chatouillis) non saisonnier, de l'urticaire et une alopécie (= perte de poils due au grattage) causés par l'ingestion d'un aliment ou d'un groupe d'aliments de la ration du cheval. Les principaux aliments responsables sont l'avoine, le blé, la luzerne, les pellets de betterave, le son, l'orge, le trèfle, les additifs alimentaires, la chicorée...

Les lésions se retrouvent le plus souvent au niveau de la face, du cou, du tronc et de la croupe.

   Source : S. Franquet, 2009.

Le diagnostic se fait par élimination successive de toutes les autres causes possibles (parasites, bactéries, champignons...). Ensuite, on procède à un régime d'éviction : l'objectif est de remplacer le régime habituel du cheval par une nouvelle alimentation qu'il n'aura normalement jamais rencontrée, uniquement composée de céréales et d'une source de foin ou d'herbe et ce, durant 12 semaines. La suspicion d'allergie alimentaire est confirmée lorsque l'ancien régime est réintroduit et que l'on observe la réapparition des signes cliniques.

  Source : IVIS.

Le seul traitement efficace est l'évitement de l'agent alimentaire responsable de l'allergie. Les chevaux allergiques ne devraient pas manger de friandises et d'aliments commerciaux mais uniquement de l'herbe ou du foin et des céréales "bio" et naturelles.



Qu'est-ce que la
myopathie atypique ?

La myopathie atypique des équidés est un syndrome de destruction musculaire massive et sévère affectant en automne et au printemps des chevaux séjournant en pâture. L’apparition soudaine d’une partie ou de l’ensemble des signes cliniques de la maladie (faiblesse, raideur, sudation, décubitus et émission d’urines foncées) soulève l’hypothèse d’une atteinte par ce syndrome. La confirmation de cette maladie est particulièrement importante puisque la myopathie atypique risque de se reproduire sur les régions géographiques où elle s’est déclarée.


Source : Diagnostic différentiel en cas de présomption de myopathie atypique des équidés : illustration au travers de cas référés à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l'Université de Liège au cours du printemps 2003, VOTION D-M, DELGUSTE C., BAISE E., CASSART D., DESMECHT D., LINDEN A., ROLLIN F., SANDERSEN C., AMORY H., in Ann. Méd. Vét., 2003, 147, 183-193.


Pour plus d'infos, consultez le site Myopathie Atypique des Equidés.



Vermifugation d’automne : Pensez au Taenia !

L'automne approchant à grands pas, il est temps de vermifuger vos chevaux ! Pour vermifuger efficacement à cette période de l’année, nous recommandons l'utilisation d'un vermifuge contenant du praziquantel, actif contre les vers plats dits « taenias » (pic d'infestation durant les mois d'octobre et de novembre).


 



Votre cheval s'est blessé ? En attendant le vétérinaire, voici les erreurs à ne pas commettre : 

  • Evitez d'asperger la plaie avec de l'alcool qui brûle et est agressif pour les tissus. Préférez lui une solution type Bétadine diluée avec de l'eau.
  • En cas d'hémorragie : compressez fortement la plaie à l'aide de coton ou d'un drap propre mais ne placez pas de garrot
  • Ne pas doucher avec trop de pression car cela risquerait de favoriser l'apparition de chéloïde : la cicatrisation devient alors excessive et prend une apparence typique en "chou-fleur". 
  • Enfin, si vous faites un pansement, veuillez à ne pas trop le serrer au risque d'endommager les tissus, vaisseaux et nerfs sous-jacents.



Dr. S. Franquet: Vétérinaire ostéopathe et physiothérapeuteContactLe cabinetOsteopathiePhysiothérapieHydrothérapiePrestations ChevauxPrestations Petits AnimauxA proposPhotosFiches PratiquesLiens